Noyade : ça n’arrive pas qu’aux autres!

Photo 2bouzC’est l’été, il fait beau et chaud… Et ma pire hantise était sur le point de se concrétiser. Un cauchemar qui finit bien mais dont la charge émotive était si intense que j’en ai pleuré. Ma hantise à moi, c’est la noyade.
Je suis une fille de la mer: j’ai appris tôt (et vite) à nager dans une piscine et, comme mes frères et sœurs, on a transféré à la mer puisque c’est là que j’ai passé tous mes étés depuis l’âge de 5 ans. Nager dans une piscine ou dans l’océan, ce n’est pas tout à fait la même chose mais à l’époque, on s’en souciait peu.  Avez-vous déjà vu le corps repêché d’un noyé? Moi oui. L’océan l’a recraché sur la plage où nous passions nos vacances. Cette image ne me quittera jamais.

Quoiqu’il en soit, depuis que j’ai de enfants, c’est la peur qui m’habite. Mon chum, s’il est poisson d’un point de vue astrologique, n’a nullement hérité de l’aisance de cette espèce aquatique. Pour moi, selon les contextes, je me considère comme le seul parent à être en mesure d’intervenir en cas d’accident aquatique. Vous comprendrez que je suis plutôt vigilante : notre piscine est clôturée avec une porte cadenassée et même si mes enfants sont encore d’âge préscolaire, ils ont déjà suivi des cours de natation en groupe et en privé. Bien sûr, prévention, port du gilet de sauvetage dans l’eau (oui, pas juste des flotteurs) et surveillance aux abords de la piscine.

C’est le week-end et on a été invités avec les enfants à aller passer l’après-midi sur le bord de la piscine creusée d’un couple d’amis. . Gilet de flottaison sur le dos, les enfants descendent les marches de la piscine pour s’amuser sous notre surveillance. Tout va bien. On s’hydrate, on a envie de faire pipi et commence le ballet d’accompagnement aux toilettes : enlever le gilet, sécher, uriner, remettre le gilet, retourner se baigner… Jusqu’au fatidique manque de communication avec papa.
Ça semble anodin mais dans un aller/retour aux toilettes, le gilet n’a pas automatiquement été remis. Cette erreur d’inattention a failli coûter la vie à mon garçon.

Il est tout simplement retourné à l’eau en descendant les marches. Il a tôt fait de réaliser qu’il ne flottait pas tout seul. C’est une fraction de seconde. J’avais vu du coin de l’œil mon chum se réinstaller avec nous autour de la table. Mon cerveau a crû mes enfants en sécurité alors j’ai continué ce que j’étais en train de dire à mon amie avant de scanner à nouveau la piscine pour m’assurer que tout allait bien. Je n’ai pas eu le temps. Ma fille m’a alertée en disant que son frère n’avait pas son gilet. Quand je l’ai aperçu, il avait déjà de l’eau jusqu’à la bouche, incapable d’appeler à l’aide. Il tentait de garder la tête hors de l’eau. En deux bonds, j’étais près de lui. Mais j’ai bien vu qu’au premier, il avait déjà coulé. J’ai réussi à le sortir de l’eau. Il a vomi la moitié de la piscine.

L’incident peut sembler stupide mais je peux vous en dire quatre choses :

  1.  ça peut arriver à tout le monde, même les parents les plus vigilants. On se relâche une fois et ça peut être suffisant.
  2. la noyade, c’est très sournois. Ça se fait en silence et limite, ça n’a pas l’air de ça. Renseignez-vous pour être prêts à intervenir!
  3. on apprend à se connaître dans ces circonstances. Il y en a qui figent, il y en a d’autres qui agissent. Je vous souhaite que sur les deux parents, il y en ait un qui soit du type action.
  4. même quand on s’en sort, ce type d’expérience peut marquer une famille. Je peux vous assurer que mon couple aurait explosé si mon fils n’avait pas survécu.

Aujourd’hui, j’aimerais vous inviter à aller sur le site du CHU Sainte-Justine pour leurs conseils de prévention ou allez lire l’article de Maman pour la vie sur le même sujet. Pour défaire certaine mythes et surtout, parce que ça peut sauver une vie.

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Author:Fedwa Lahlou

Communicatrice, globe trotter, épicurienne et croqueuse de chaussures qui tente l'aventure de la maternité et qui parle de tout.

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