Démystifions les troubles « dys »!

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Dysphasie, dyspraxie, dyslexie, dysorthographie, dyscalculie…On entend de plus en plus parler des troubles « dys », à une époque où un élève sur cinq, dans les écoles québécoises, est identifié comme un élève handicapé ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage (EHDAA). Mais il n’est pas si simple, pour le commun des mortels, de bien distinguer ces troubles! Penchons-nous sur les troubles « dys » les plus communs.

Dysphasie

La dysphasie, aussi connue sous l’appellation « trouble primaire du langage », est une anomalie du développement du langage qui affecte de façon variable la compréhension, les sons, les phrases, le vocabulaire, les interactions sociales, etc. Les enfants dysphasiques apprennent à parler tardivement, ont du mal à s’exprimer et donc à se faire comprendre.

La dysphasie n’est pas un trouble intellectuel : il s’agit plutôt d’un trouble de la communication plus ou moins sévère selon les cas. Contrairement au retard de langage qui est provisoire, le trouble primaire du langage est structurel et persistant. Cette situation peut donc être dérangeante au quotidien, notamment pour la socialisation et les apprentissages scolaires. Les enfants dysphasiques ne présentent pas de problèmes physiques, de déficit sensoriel (ex : déficience auditive) ou de troubles du comportement. Une personne dysphasique, enfant ou adulte, peut avoir du mal à se faire comprendre par son entourage, à comprendre des consignes, questions, mots ou concepts (particulièrement les concepts spatio-temporels). Il n’est pas évident pour elle de mémoriser des sons et des mots, de formuler des phrases adéquates sur le plan grammatical ou de nommer des objets.

Dyspraxie

La dyspraxie est un trouble neurologique entraînant des difficultés de légères à sévères, à planifier et à automatiser l’exécution des mouvements, c’est-à-dire à enchaîner une séquence de gestes simples. On peut parler d’une dyspraxie motrice, qui affecte tous les mouvements du corps, ou d’une dyspraxie verbale, qui atteint seulement la parole.

Un enfant ayant une dyspraxie verbale peut avoir du mal à boire, mastiquer, souffler, contrôler sa salive ou enchaîner plusieurs syllabes, de sorte que sa manière de prononcer un même mot est inconstante. Plus les mots sont longs et plus les phrases comportent de mots, plus la planification des mouvements des muscles de la bouche sera laborieuse. L’enfant dyspraxique tâtonne au moment où il veut prononcer certains mots (ex : bateauà tateau / babeau / bata / etc.), et parvient difficilement à la bonne cible articulatoire, comme s’il était constamment en apprentissage d’un nouveau sport, comme si sa bouche faisait ces mouvements pour la 1re fois. En spontané, l’enfant peut très bien parvenir à produire un mot donné, mais quand on lui demande de le dire, il ne saura plus comment faire.

L’enfant ayant une dyspraxie motrice peut avoir des difficultés à s’orienter dans l’espace et paraître maladroit (ex : échappe des objets, a du mal à s’habiller, à manger seul sans se salir, à tenir un crayon, etc.). Une personne peut être atteinte des deux types de dyspraxie.

Dyslexie et dysorthographie

La dyslexie est un trouble l’apprentissage de la lecture, alors que la dysorthographie est un trouble d’apprentissage de l’écriture. La dyslexie et la dysorthographie sont présentes chez des enfants ayant une intelligence normale et ne présentant aucun déficit sensoriel (ex. : problèmes de vision). Notons que toute personne qui présente des difficultés d’apprentissage de la lecture ou de l’écriture n’est pas nécessairement dyslexique ou dysorthographique.

Ces troubles se manifestent par des difficultés au niveau de la précision ou de la rapidité de la lecture ou de l’écriture, ce qui peut engendrer des lacunes au niveau de la compréhension d’un texte, de la résolution de problèmes en mathématiques, de la production de textes, etc. Par exemple, une personne dyslexique peut confondre, à la lecture, certaines lettres de formes voisines ou proches phonétiquement (elle inverse b et p, m et n, q et g, f et v, etc.), inverser l’ordre des lettres (« bras » peut être lu « bar », par exemple), omettre certains sons ou en ajouter, etc.. La lecture semble hachée et hésitante, parfois même incompréhensible.

Dyscalculie

La dyscalculie est un trouble cognitif qui est caractérisé par la difficulté à acquérir et à maîtriser les différentes connaissances et compétences nécessaires à l’apprentissage des mathématiques. Concrètement, une enfant dyscalculique peut avoir de la difficulté à dénombrer un ensemble d’objets, à dénommer, lire ou écrire des nombres, à réaliser différentes opérations mathématiques (addition, soustraction, multiplication, division), à résoudre des problèmes, à réaliser des calculs mentaux, etc.

Les activités qui impliquent les structures logiques langagières et mathématiques peuvent également être affectées chez la personne dyscalculique, par exemple : lire l’heure, manipuler de l’argent, se repérer sur une carte géographique, construire une ligne du temps, prédire la suite d’une histoire, etc.

Les « dys », des handicaps invisibles

Tous les troubles « dys » ont deux éléments en commun. D’abord, il s’agit de handicaps invisibles. Néanmoins, leur présence et leurs répercussions négatives sur le parcours scolaire et l’intégration sociale d’un enfant ne peuvent être ignorées. Ensuite, ces troubles ne sont pas causés par un manque d’encadrement scolaire, un manque de motivation, des différences culturelles ou des conditions socio-économiques défavorables. Souvent, ils découlent d’un facteur héréditaire, mais peuvent aussi être la conséquence d’une maladie ou d’une blessure survenue à la naissance, de la consommation de drogues ou d’alcool durant la grossesse, d’un faible poids à la naissance, d’une naissance prématurée, d’un accouchement difficile, etc.

Vous êtes inquiets au sujet du développement de votre enfant? Les intervenants du milieu de garde ou du milieu scolaire vous ont fait part d’inquiétudes concernant votre enfant? Mieux vaut consulter un professionnel plutôt que d’attendre que le temps arrange les choses. L’intervention précoce a fait ses preuves et peut réellement changer du tout au tout le parcours d’un individu.

AgatheTupulaKabola_VignetteAgathe Tupula Kabola est orthophoniste de profession et directrice de la Clinique multithérapie Proaction qu’elle a fondé en 2012. Animée par sa passion et sa volonté d’innover dans les pratiques de sa profession, Agathe réunit, sous un même toit, une quinzaine d’experts partageant les mêmes valeurs de respect, d’entraide, de professionnalisme, de plaisir au travail  et d’innovation et ce, dans une approche familiale.

 

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